L'église St Blaise de Dabo
Elle est située au milieu du bourg à l'intersection des bras de la croix de Saint André qu'il forme. Le titulaire en est Saint Blaise depuis des siècles, alors que le pape Saint Léon IX est patron de la commune de Dabo et de ses paroisses.

La construction de l'église actuelle remonte à l'année 1763. Elle a succédé à un édifice bâti en 1713 qui fut rasé ainsi que deux maisons voisines pour permettre la reconstruction d'une église plus vaste. Seule subsiste encore la nef de la construction de 1763, le chœur a été démoli lors de l'agrandissement. La nef rectangulaire plafonnée sans bas côtés est éclairée par cinq fenêtres sur chaque face. La date 1763 est gravée sur la clé de voûte du portail droit. Une petite porte placée sous la cinquième baie vers la place du village a été condamnée en 1884 ( la niche du petit autel de l'Enfant Jésus en marque l'emplacement). Une deuxième porte fut percée en 1824 lors de l'agrandissement de la tribune. L'église était surmontée d'un campanile hexagonal à bulbe en bois sur le pignon de la nef, un deuxième plus modeste était placé sur le mur du pignon au-dessus de l'arc du chœur. A la suite de l'incendie du village en 1887 qui a épargné l'église, la couverture en ardoises remplaça les bardeaux après leur interdiction.
Après la Première Guerre mondiale, un projet de transformation de l'église fut demandé à Mr Dauchy, architecte de la cathédrale de Strasbourg. Ce projet prévoyait après démolition du chœur, d'y adjoindre un transept et de prolonger l'ancienne nef. Le porche serait de style pseudo baroque, l'élégante verticalité du clocher, de plan carré, s'opposait à la largeur du porche d'entrée.   Le plan fut repoussé par l'architecte des monuments historiques de Metz. Dauchy gravement malade décéda en 1927 et fut remplacé par E.Schneider de Saverne qui proposa après plusieurs modifications la tour porche actuelle, imposante par sa largeur et sa hauteur. Les travaux débutèrent le 18 juin 1928 par la démolition de l'ancien chœur et la première pierre fut posée le 12 août 1928 , fête de Ste Claire. La fête de la Toussaint 1929 fut célébrée dans la nouvelle église dont la bénédiction solennelle n'eut lieu que le 3 février 1930, fête de Saint Blaise, titulaire de l'église ; La presque totalité de l'ameublement de l'église a été refaite à neuf, la chaire et le banc de communion sont l'œuvre de Driesbach de Munster, les têtes de banc ont été sculptées par Wilt de Mittelbronn qui réalisa également les confessionnaux et les deux autels des chapelles latérales. Les stalles du chœur, datant de 1952, sont l'œuvre de Charles Anstett de Dabo, les dossiers et les prie-Dieu sont gravés au feu de symboles religieux et de scènes
Les statues du chemin de croix datent de 1888. Les vitraux du chœur, représentant la visite de Saint Léon à Dabo et Saint Blaise guérissant un enfant par imposition des cierges furent créés par OTT Frères de Strasbourg.
Ils forment avec la rosace au-dessus de la petite tribune, peu accessible à la vue des visiteurs ( dans le prolongement du porche d'entrée ) le vitrail de Sainte Cécile, de style art déco, de Bohl, les seuls vitraux artistiques de l'église. Les Fonts baptismaux, placès à côté de l'autel St Joseph, sont sculptés dans un bloc de grès de la région ( 1882 ). La cuve de pierre à décor de feuillage repose sur une tablette à enroulements.

La véritable valeur artistique de l'église est représentée par le maître autel. Il fut acquis en 1871 auprès de l'église de Forbach, mais il provient de la cathédrale de Trèves . Cet ensemble monumental et majestueux, d'une hauteur d'environ 7 mètres est d'époque XVIIe siècle, de style baroque.   Il porte un beau tabernacle surmonté d'une niche où lors des expositions solennelles le Saint Sacrement était placé, ce tabernacle tournant avec trois niches semi-circulaires a été rendu fixe. Derrière le tabernacle est déployé le retable à la manière à la manière d'une tenture : une grande peinture de l'Assomption de l'école de Rubens, et de chaque côté deux colonnes peintes d'apparence salomonique placées sur de hauts soubassements. Cette peinture est une copie conforme du grand retable de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers, achevé en 1626. Ce tableau a représenté une évolution dans l'art de Rubens, car là où avant tout était mis sur l'opposition des lumières, tout est ici en tendres tons pastel.
Les deux autels latéraux sont une imitation du XIXe siècle érigés en harmonie avec le maître-autel par deux artisans locaux, le menuisier Antoine Bour et le sculpteur Jean-Baptiste Weber (vers 1878).     Au fond de l'église, sur la tribune, est placé l'orgue construit en 1894 par Dalstein-Haerpfer, le facteur d'orgues préféré d'Albert Schweitzer ; comme tous les orgues de cette époque, il est pneumatique, nécessitant un continuel entretien. Le buffet en chêne richement sculpté a été réalisé d'après un modèle de la firme Aug.Laukhuff.

A coté de la chair, vous admirerez la toile intitulé « Léon IX et le pélérin » (1,98 x 2,30), réalisée par un enfant du pays Gabriel KLEIN, à l'occasion du millénaire de la naissance du pape St Léon IX fêté le 21 avril 2002.
Vitrail de la visite du pape Léon IX à Dabo